jeudi 5 décembre 2013

Blogger, je te quitte.

Quand j'ai ouvert ce blog, je ne savais pas très bien où tout ça irait, ni quelle-s direction-s prendrait mon écriture. Je n'en suis toujours pas certaine, mais c'est aussi ce qui me plaît dans tout ça - réfléchir, réagir, construire ou déconstruire. Et poser tout ça sur papier. Enfin sur écran.

Maëlle & Diction a passé les 10.000 vues récemment (ceux qui me suivent sur facebook ont du voir passer le post) ; c'est un cap ridicule à l'échelle des Internets, mais suffisant pour me dire que je ne compte pas m'arrêter, ni maintenant ni demain.

C'est pour ça que je déménage le blog pour passer sur Wordpress. 

Oui, Blogger, je te quitte. Tu m'as aidée à approcher le blogging mais comme tant d'autres je migre aujourd'hui pour offrir à mes lecteurs une navigation plus claire et une visite plus agréable.

Du moins je l'espère.

Donc voilà, la nouvelle adresse, c'est maellediction.wordpress.com
Twitter et Facebook n'ont pas changé.
Vous pouvez aussi retrouver ma sélection de liens sur scoop.it 

Souhaitez-moi bonne chance, je nage désormais dans l'angoisse des codes et autres styles css.

Bisous.



vendredi 15 novembre 2013

Comment le féminisme fait souffrir les hommes.

Le texte qui suit a été traduit de l'anglais par mes soins et un peu à l'arrache, excusez les formulations lourdes. Il a été initialement écrit et publié par Micah J. Murray sur son site Redemption Pictures.

- Hier sur Facebook, quelqu'un m'a dit que le féminisme surélevait les femmes au détriment de l'homme, que son objectif de validation des femmes nous émasculait, nous les hommes.

Il avait raison.

Pour les hommes, la montée du féminisme nous a relégués au statut secondaire. Les inégalités et les discriminations font désormais partie de notre quotidien.

À cause du féminisme, les hommes ne peuvent plus déambuler dans la rue sans craindre d'être apostrophés, harcelés ou même agressés sexuellement par des femmes. S'il est agressé, l'homme est blâmé - sa tenue prouve "qu'il l'a cherché".

À cause du féminisme, il n'y a plus de grandes conférences Chrétiennes qui dictent comment être un homme, où des milliers d'hommes peuvent célébrer leur virilité et leur foi en Jesus (et éventuellement faire quelques blagues sur les stéréotypes féminins).

À cause du féminisme, les femmes sont sur les scènes et sous les projecteurs des églises. Les hommes sont encouragés à se rendre utiles dans les nurseries ou les cuisines. Parfois même, on demande aux hommes de garder le silence à l'église.

À cause du féminisme, les femmes gagnent plus que les hommes pour le même poste.

À cause du féminisme, il est désormais difficile de trouver un film avec un héros charismatique  masculin. La plupart des blockbusters montre une femme courageuse qui sauve le monde et conquiert un homme comme un trophée pour ses accomplissements.

À cause du féminisme, les sportives professionnelles profitent massivement d'une industrie qui idolâtre les femmes. Les hommes n'apparaissent que brièvement, avant les pubs, dans lesquelles on instrumentalise leurs corps.

À cause du féminisme, tous les frais de contraception des femmes sont pris en charge sans question ni débat, tandis que les hommes doivent se battre pour convaincre leurs assurances de leur rembourser leur Viagra. Lorsque les hommes osent en parler, les leaders d'opinion sur les sujets de la famille les traitent de "salope" ou de "pute".

À cause du féminisme, le corps masculin est constamment examiné et jugé. Si un homme apparaît torse nu à la télé, un scandale national éclatera avec pour conséquences de lourds frais et des boycotts. Les bloggeurs ne cessent de nous dire comment nos tenues vestimentaires peuvent mener les femmes au pêché. Les satiristes insistent sur le fait que les shorts ne sont pas "des vrais pantalons", et que les hommes devraient se couvrir parce que "personne ne veut voir ça".

À cause du féminisme, les hommes ne sont pas représentés à la Maison Blanche, et les femmes occupent 80% de sièges au Congrès. Lorsqu'un homme se présente à un entretien, son apparence physique et sa tenue sont presque autant discutés que ses idées et ses qualités.

À cause du féminisme, les hommes doivent se battre pour être entendus dans la sphère publique. Sur les questions de théologie, de politique, de science et de philosophie, la perspective féminine est souvent appliquée par défaut, normalisée et jamais remise en cause. Les perspectives masculines sont rejetées parce qu'elles sont jugées trop subjectives ou trop sentimentales. Quand nous prenons la parole, nous sommes souvent exclus pour avoir été hystériques, rebelles, subversifs ou dangereux.

Mais restez fort les gars.

Un jour nous serons tous égaux.


Quoi que vous fassiez, ne lisez pas Jesus Feminist. C'est truffé d'idées qui continueront d'oppresser et de heurter les hommes - des idées comme "les femmes sont aussi des personnes" et "la dignité et les droits des femmes sont aussi importants que ceux des hommes".


dimanche 13 octobre 2013

Dimanche pileux, dimanche heureux !

Ce matin, le soleil a brillé. Chat est venu ronronner contre mon visage pour me réveiller et j’ai lancé Twitter (mon addiction va bien, merci). Et comme souvent, je suis tombée sur un truc qui m’a fait regretter une connexion si matinale. Au menu du jour : un billet traitant de la  pilosité pubienne féminine. Allons bon. Je ne dis pas que ce sujet ne peut pas être traité intelligemment, je dis que là, c’est du gros caca en barres servi par caisses de mille.

Mais ça faisait un moment que j’avais envie de poser ma réflexion à ce sujet sur papier (enfin écran), et je remercie donc ce bloggeur présomptueux de m’en donner l’occasion. Un ramassis de conneries aussi massif ne peut pas rester dans l’ombre, non non, je vous en fais profiter, le partage c’est important !

On y va ?


Euh, alors déjà, non. Je n’ai jamais comparé la taille de mes lèvres avec celles d’une copine (pas depuis ma puberté du moins, quand je me demandais si c’était normal et si j’étais la seule à développer des extensions de chair), le clitoris n’est pas vecteur de puissance ni d’invalidité, personne ne dessine de vulve sur les murs (mais on y travaille) et aucune femme n’a jamais menacé qui que ce soit avec son organe génital.
Je note par ailleurs que dans ce texte, l’homme s’adresse à l’homme ; ça promet. Poursuivons. 



C’est un raisonnement un peu binaire mais merci de ta condescendance, on apprécie. < 3




Ce dessin vous est offert avec grâce, douceur et féminité.
Trop aimable. Par contre pour « la montée en puissance des femmes en tant que décideuses », on repassera. Oui, on trouve désormais des femmes dans des domaines d’activités longtemps réservés aux hommes, mais je rappelle quand même qu’en France, les femmes n’ont le droit de voter que depuis 50 ans, que les hommes gagnent en moyenne 31% de plus que les femmes (tous temps de travail confondus) et que les femmes restent minoritaires en politique, tandis que les hommes sont plus que majoritaires du côté des dirigeants d’entreprises. AH LA LA C’EST UNE SPECTACULAIRE MONTÉE EN PUISSANCE MONSIEUR MONFORT !

On devrait apprendre à se contenter de ce qu’on a, c’est vrai, la pression autour de ce sujet est omniprésente, la bien pensance nous envahit, poil au kiki. 





Et avec brio.


Brace yourselves !


On a hâte de le savoir après une introduction aussi réussie. 


Non, ce n’est pas tant l’homme que la société qui est visée en fait. La pilosité s’intègre dans les constructions sociales, Mr Poireau (le nom est bien senti, tiens). Les « post adolescentes 2013 » ont beau grandir dans un monde où quelques femmes siègent à l’Assemblée, il n’en reste pas moins qu’elles sont conditionnées dès le plus jeune âge, entre autres, à la traque de leur pilosité disgracieuse. On nous apprend à internaliser ce dégoût, qui n’en résulte ni plus ni moins à une modification corporelle. Ce n’est pas être stupide que de ne pas le voir, il se trouve que ça ne saute pas aux yeux. Le féminisme ne prône pas l’intelligence innée des femmes qui deviendraient des êtres supérieurs capables dès la naissance de comprendre TOUTES les constructions sociales qui les concernent. Le féminisme défend le libre arbitre et la non manipulation des corps et des esprits (et évidemment bien d’autres choses mais ce n’est pas le sujet ; si vous voulez une liste, faites une recherche.) Le corps lisse et imberbe de la femme a été démocratisé comme une norme, et l’on considère comme anormale une femme qui n’épile pas ses aisselles, ses jambes ou son pubis. Chez l’homme, on observera le phénomène inverse : sa pilosité sera valorisée, tandis que son absence de poils caractérisera aux yeux des autres un défaut de maturité ou de virilité.
Donc non, il n’est pas tellement question de « diktat masculin » - ne vous donnez pas tant d’importance Maître Zgeg, et séchez donc vos larmes - mais de diktat d’une société portée par des hommes. Ce qui suppose qu’au lieu de voir plein d’hommes imposer individuellement l’épilation, on subit l’omniprésence d’un principe général intégré et massivement relayé.


Ah bah je veux bien, mais j’ai peur d’être déçue.


 
« Voici ma vulve, j’en suis fière, je la montre. », dit le Pénis


Ce dernier paragraphe est empreint d’une débilité telle que je ne sais même pas par où commencer.

Allez, la revendication de genre. La fâââââme qui se revendique en tant que fâââââme se doit donc de le faire en suivant des critères imposés par la société patriarcale et/ou les personnes qu’elles fréquenteront. Really ?


En ce qui me concerne, mon sentiment d’injustice face au diktat de l’imberbe ne date pas d’hier. Je l’ai toujours pris pour acquis : « tu es une femme donc tes poils sont disgracieux, on se moquera de toi si tu en arbores le moindre millimètre parce que c’est honteux, cache donc ce tout petit cheveu que je ne saurai voir, espèce de grosse dégueulasse.» J’extrapole volontairement quand je parle de pilosité, parce qu’on ne peut pas parler d'épilation pubienne et omettre de mentionner les autres zones quand ça nous arrange. Pas quand on essaye de raconter que ça n’a rien à voir avec la domination masculine ou le sexisme. Je suis brune, et une partie de ma famille est orientale, autant vous dire qu’on doit s’épiler souvent si on décide de se faire toute lisse. Mon choix de m’épiler ou non (oui, je varie, tantôt ours, tantôt lavabo) est en lien direct avec ce que la société m’impose et le shaming dont je pourrais être la cible. Quand je choisis de m’épiler, je le fais parce que je veux que ce soit joli, parce que j’ai appris que c’était ça, « le joli ». Parfois juste parce que je voudrais que ce soit doux si je sais qu’on on va me toucher les jambes (et plus si affinités, hinhin). Certainement pas parce que ça m’éclate de raquer quarante balles et de perdre une heure de mon temps, ni parce qu’à force j’aurais développé une passion fétichiste pour la cire brûlante et la douleur de l’arrachage.


La conclusion de ces quelques lignes de réflexion de comptoirs revient à dire que l’épilation intégrale, c’est la féminité assumée, brandie comme étendard de notre force, sans un seul poil au radar. Quelle surprise. Quelle subversion. Quelle grosse connerie. Merci de perpétuer le mythe de la liberté totale et de choix arbitraire au sujet de l’épilation. Merci de nous dire d’être fières de nos vulves et de bien les montrer (à qui, tiens ?). Merci enfin de garder vos fantasmes dans vos têtes.


C’est pas tous les jours que j’invoque la nature, mais là-dessus elle marque un point sur lequel je vous inviterai à réfléchir : si la puberté fait apparaître les poils des femmes en même temps que leurs seins et leurs hanches, en quoi peut-on établir que les uns sont incontestablement des atouts féminins et les autres une entrave ingrate à la féminité ?

Vous avez quatre heures.









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