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vendredi 15 novembre 2013

Comment le féminisme fait souffrir les hommes.

Le texte qui suit a été traduit de l'anglais par mes soins et un peu à l'arrache, excusez les formulations lourdes. Il a été initialement écrit et publié par Micah J. Murray sur son site Redemption Pictures.

- Hier sur Facebook, quelqu'un m'a dit que le féminisme surélevait les femmes au détriment de l'homme, que son objectif de validation des femmes nous émasculait, nous les hommes.

Il avait raison.

Pour les hommes, la montée du féminisme nous a relégués au statut secondaire. Les inégalités et les discriminations font désormais partie de notre quotidien.

À cause du féminisme, les hommes ne peuvent plus déambuler dans la rue sans craindre d'être apostrophés, harcelés ou même agressés sexuellement par des femmes. S'il est agressé, l'homme est blâmé - sa tenue prouve "qu'il l'a cherché".

À cause du féminisme, il n'y a plus de grandes conférences Chrétiennes qui dictent comment être un homme, où des milliers d'hommes peuvent célébrer leur virilité et leur foi en Jesus (et éventuellement faire quelques blagues sur les stéréotypes féminins).

À cause du féminisme, les femmes sont sur les scènes et sous les projecteurs des églises. Les hommes sont encouragés à se rendre utiles dans les nurseries ou les cuisines. Parfois même, on demande aux hommes de garder le silence à l'église.

À cause du féminisme, les femmes gagnent plus que les hommes pour le même poste.

À cause du féminisme, il est désormais difficile de trouver un film avec un héros charismatique  masculin. La plupart des blockbusters montre une femme courageuse qui sauve le monde et conquiert un homme comme un trophée pour ses accomplissements.

À cause du féminisme, les sportives professionnelles profitent massivement d'une industrie qui idolâtre les femmes. Les hommes n'apparaissent que brièvement, avant les pubs, dans lesquelles on instrumentalise leurs corps.

À cause du féminisme, tous les frais de contraception des femmes sont pris en charge sans question ni débat, tandis que les hommes doivent se battre pour convaincre leurs assurances de leur rembourser leur Viagra. Lorsque les hommes osent en parler, les leaders d'opinion sur les sujets de la famille les traitent de "salope" ou de "pute".

À cause du féminisme, le corps masculin est constamment examiné et jugé. Si un homme apparaît torse nu à la télé, un scandale national éclatera avec pour conséquences de lourds frais et des boycotts. Les bloggeurs ne cessent de nous dire comment nos tenues vestimentaires peuvent mener les femmes au pêché. Les satiristes insistent sur le fait que les shorts ne sont pas "des vrais pantalons", et que les hommes devraient se couvrir parce que "personne ne veut voir ça".

À cause du féminisme, les hommes ne sont pas représentés à la Maison Blanche, et les femmes occupent 80% de sièges au Congrès. Lorsqu'un homme se présente à un entretien, son apparence physique et sa tenue sont presque autant discutés que ses idées et ses qualités.

À cause du féminisme, les hommes doivent se battre pour être entendus dans la sphère publique. Sur les questions de théologie, de politique, de science et de philosophie, la perspective féminine est souvent appliquée par défaut, normalisée et jamais remise en cause. Les perspectives masculines sont rejetées parce qu'elles sont jugées trop subjectives ou trop sentimentales. Quand nous prenons la parole, nous sommes souvent exclus pour avoir été hystériques, rebelles, subversifs ou dangereux.

Mais restez fort les gars.

Un jour nous serons tous égaux.


Quoi que vous fassiez, ne lisez pas Jesus Feminist. C'est truffé d'idées qui continueront d'oppresser et de heurter les hommes - des idées comme "les femmes sont aussi des personnes" et "la dignité et les droits des femmes sont aussi importants que ceux des hommes".


dimanche 13 octobre 2013

Dimanche pileux, dimanche heureux !

Ce matin, le soleil a brillé. Chat est venu ronronner contre mon visage pour me réveiller et j’ai lancé Twitter (mon addiction va bien, merci). Et comme souvent, je suis tombée sur un truc qui m’a fait regretter une connexion si matinale. Au menu du jour : un billet traitant de la  pilosité pubienne féminine. Allons bon. Je ne dis pas que ce sujet ne peut pas être traité intelligemment, je dis que là, c’est du gros caca en barres servi par caisses de mille.

Mais ça faisait un moment que j’avais envie de poser ma réflexion à ce sujet sur papier (enfin écran), et je remercie donc ce bloggeur présomptueux de m’en donner l’occasion. Un ramassis de conneries aussi massif ne peut pas rester dans l’ombre, non non, je vous en fais profiter, le partage c’est important !

On y va ?


Euh, alors déjà, non. Je n’ai jamais comparé la taille de mes lèvres avec celles d’une copine (pas depuis ma puberté du moins, quand je me demandais si c’était normal et si j’étais la seule à développer des extensions de chair), le clitoris n’est pas vecteur de puissance ni d’invalidité, personne ne dessine de vulve sur les murs (mais on y travaille) et aucune femme n’a jamais menacé qui que ce soit avec son organe génital.
Je note par ailleurs que dans ce texte, l’homme s’adresse à l’homme ; ça promet. Poursuivons. 



C’est un raisonnement un peu binaire mais merci de ta condescendance, on apprécie. < 3




Ce dessin vous est offert avec grâce, douceur et féminité.
Trop aimable. Par contre pour « la montée en puissance des femmes en tant que décideuses », on repassera. Oui, on trouve désormais des femmes dans des domaines d’activités longtemps réservés aux hommes, mais je rappelle quand même qu’en France, les femmes n’ont le droit de voter que depuis 50 ans, que les hommes gagnent en moyenne 31% de plus que les femmes (tous temps de travail confondus) et que les femmes restent minoritaires en politique, tandis que les hommes sont plus que majoritaires du côté des dirigeants d’entreprises. AH LA LA C’EST UNE SPECTACULAIRE MONTÉE EN PUISSANCE MONSIEUR MONFORT !

On devrait apprendre à se contenter de ce qu’on a, c’est vrai, la pression autour de ce sujet est omniprésente, la bien pensance nous envahit, poil au kiki. 





Et avec brio.


Brace yourselves !


On a hâte de le savoir après une introduction aussi réussie. 


Non, ce n’est pas tant l’homme que la société qui est visée en fait. La pilosité s’intègre dans les constructions sociales, Mr Poireau (le nom est bien senti, tiens). Les « post adolescentes 2013 » ont beau grandir dans un monde où quelques femmes siègent à l’Assemblée, il n’en reste pas moins qu’elles sont conditionnées dès le plus jeune âge, entre autres, à la traque de leur pilosité disgracieuse. On nous apprend à internaliser ce dégoût, qui n’en résulte ni plus ni moins à une modification corporelle. Ce n’est pas être stupide que de ne pas le voir, il se trouve que ça ne saute pas aux yeux. Le féminisme ne prône pas l’intelligence innée des femmes qui deviendraient des êtres supérieurs capables dès la naissance de comprendre TOUTES les constructions sociales qui les concernent. Le féminisme défend le libre arbitre et la non manipulation des corps et des esprits (et évidemment bien d’autres choses mais ce n’est pas le sujet ; si vous voulez une liste, faites une recherche.) Le corps lisse et imberbe de la femme a été démocratisé comme une norme, et l’on considère comme anormale une femme qui n’épile pas ses aisselles, ses jambes ou son pubis. Chez l’homme, on observera le phénomène inverse : sa pilosité sera valorisée, tandis que son absence de poils caractérisera aux yeux des autres un défaut de maturité ou de virilité.
Donc non, il n’est pas tellement question de « diktat masculin » - ne vous donnez pas tant d’importance Maître Zgeg, et séchez donc vos larmes - mais de diktat d’une société portée par des hommes. Ce qui suppose qu’au lieu de voir plein d’hommes imposer individuellement l’épilation, on subit l’omniprésence d’un principe général intégré et massivement relayé.


Ah bah je veux bien, mais j’ai peur d’être déçue.


 
« Voici ma vulve, j’en suis fière, je la montre. », dit le Pénis


Ce dernier paragraphe est empreint d’une débilité telle que je ne sais même pas par où commencer.

Allez, la revendication de genre. La fâââââme qui se revendique en tant que fâââââme se doit donc de le faire en suivant des critères imposés par la société patriarcale et/ou les personnes qu’elles fréquenteront. Really ?


En ce qui me concerne, mon sentiment d’injustice face au diktat de l’imberbe ne date pas d’hier. Je l’ai toujours pris pour acquis : « tu es une femme donc tes poils sont disgracieux, on se moquera de toi si tu en arbores le moindre millimètre parce que c’est honteux, cache donc ce tout petit cheveu que je ne saurai voir, espèce de grosse dégueulasse.» J’extrapole volontairement quand je parle de pilosité, parce qu’on ne peut pas parler d'épilation pubienne et omettre de mentionner les autres zones quand ça nous arrange. Pas quand on essaye de raconter que ça n’a rien à voir avec la domination masculine ou le sexisme. Je suis brune, et une partie de ma famille est orientale, autant vous dire qu’on doit s’épiler souvent si on décide de se faire toute lisse. Mon choix de m’épiler ou non (oui, je varie, tantôt ours, tantôt lavabo) est en lien direct avec ce que la société m’impose et le shaming dont je pourrais être la cible. Quand je choisis de m’épiler, je le fais parce que je veux que ce soit joli, parce que j’ai appris que c’était ça, « le joli ». Parfois juste parce que je voudrais que ce soit doux si je sais qu’on on va me toucher les jambes (et plus si affinités, hinhin). Certainement pas parce que ça m’éclate de raquer quarante balles et de perdre une heure de mon temps, ni parce qu’à force j’aurais développé une passion fétichiste pour la cire brûlante et la douleur de l’arrachage.


La conclusion de ces quelques lignes de réflexion de comptoirs revient à dire que l’épilation intégrale, c’est la féminité assumée, brandie comme étendard de notre force, sans un seul poil au radar. Quelle surprise. Quelle subversion. Quelle grosse connerie. Merci de perpétuer le mythe de la liberté totale et de choix arbitraire au sujet de l’épilation. Merci de nous dire d’être fières de nos vulves et de bien les montrer (à qui, tiens ?). Merci enfin de garder vos fantasmes dans vos têtes.


C’est pas tous les jours que j’invoque la nature, mais là-dessus elle marque un point sur lequel je vous inviterai à réfléchir : si la puberté fait apparaître les poils des femmes en même temps que leurs seins et leurs hanches, en quoi peut-on établir que les uns sont incontestablement des atouts féminins et les autres une entrave ingrate à la féminité ?

Vous avez quatre heures.









Lire aussi :




jeudi 5 septembre 2013

Appel citoyen contre l’incitation au viol sur Internet

Depuis ce matin, ce manifeste circule parmi les blogs et les réseaux sociaux. Je n'en suis pas l'auteure, seulement le relais, et je vous remercie d'avance de le faire lire à votre tour. 



"Nous, militantes féministes et citoyennes, avons récemment dénoncé un site de coaching en « séduction » appelé Seduction By Kamal (1) comme incitant au viol.
Seduction By Kamal est un site d’apprentissage des techniques de « pick up artist », à savoir « artiste de la drague ». Il s’agit de techniques de « drague » et de conseils en matière de sexualité. Le site est gérée par la société SBK Coaching, et génère du profit grâce à la vente de livres numériques (« e-books »).
L’indignation s’est focalisée sur un article violent en accès libre et gratuit. Intitulé « Comment Bien Baiser : les 3 Secrets du Hard SEXE » (2), il nous apparait en réalité comme une incitation au viol, particulièrement toxique en raison de l’aspect éducatif du site.
Nous estimons que les propos sont explicites : pour bien « baiser », l’important est de ne pas tenir compte du consentement de sa « partenaire ». Une capture d’écran est conservée ici. Les extraits les plus choquants sont cités ci-dessous, dans la lettre au Procureur, ainsi que chez la blogueuse Diké (3).
Cet article a été écrit par Jean-Baptiste Marsille, rédacteur web, auto-entrepreneur et écrivain (4). Le directeur de publication du site se fait appeler Kamal (5).
Il ne s’agit pas d’un petit blog isolé. D’après son créateur, ce site reçoit 20 000 visiteurs par jours, le chiffre d’affaire de la société « SBK Coaching» est de l’ordre de 10 000 euros par mois (6). Sa page Facebook est suivie (« likée ») par près de 17 000 personnes. Nous notons aussi que les frais de fonctionnement du site semblent peu élevés, compte-tenu des avantages fiscaux de la Pologne par rapport à la France (7), et du caractère dématérialisé des publications électroniques vendues.
Malgré de multiples sollicitations depuis octobre 2012, Kamal n’a jamais réagi. L’article était toujours en ligne à l’heure où nous écrivons cette lettre.

Depuis 2012, cet article a également été signalé en vain au Ministère de l’Intérieur (www.internet-signalement.gouv.fr). Pourquoi la loi n’est-elle pas appliquée ? Est-ce un problème managérial (manque de moyens pour traiter tous les signalements) ou un problème culturel (mauvaise formation et sensibilisation des agents du Ministère à la misogynie en ligne et à la culture du viol) ?

Nous joignons donc à cette tribune une plainte au Procureur de la République concernant le délit d’incitation au viol en ligne sur la page signalée.

Appel aux autorités et aux acteurs du web : stopper la misogynie en ligne

Ceci dit, notre objectif n’est pas de nous focaliser sur ce seul type de site Internet à la marge, mais sur l’ensemble de la misogynie globalement répandue sur l’espace Internet, et trop tolérée.
De nombreux agresseurs et leurs complices se sentent autorisés, en toute impunité, à exhiber sur Internet leurs infractions misogynes (viol, agression, non-assistance à personne en danger, recel de médias à caractère pédo-criminel…). Leurs victimes sont réduites au silence ou humiliées à l’échelle planétaire, subissant la reproduction perpétuelle de leurs agressions sur les réseaux sociaux.
Comment les Internautes peuvent-ils encourager un tel laxisme envers des criminels, et une telle sévérité envers les victimes ? Certainement à cause d’un amalgame toxique entre sexualité et violence érotisée (culture du viol) combinée à une mauvaise appréciation du sexisme sur Internet, perçu à tort comme “virtuel”. 
Or le sexisme en ligne n’a rien de virtuel : le harcèlement subi par des personnalités connues comme par des adolescentes anonymes (ou qui auraient voulu le rester), le racolage des mineures par les pédo-criminels ou les proxénètes, l’omniprésence des images de femmes hypersexualisées et objectivées, dans les contenus personnels, journalistiques, culturels et commerciaux – clichés parfois pris à l’insu du sujet, l’humour sexiste qui alimente la tolérance envers le sexisme, les discours vindicatifs, stéréotypés et dégradants à l’égard des femmes, tout ceci est bien réel.
Ailleurs, sur le web anglophone notamment, des voix se sont élevées pour exposer l’ampleur de la misogynie sur Internet, et exiger des actions concrètes pour y mettre fin. Ainsi la campagne #FBRape a permis un début de dialogue avec Facebook, dans le but d’améliorer les systèmes d’identification et de modération des discours de haine misogyne (8).

Côté français, l’incitation à haine, à la discrimination ou à la violence est interdite par la Loi sur la liberté de la presse, article 24 (9). Nous exigeons que l’alinéa 7 soit appliqué, à savoir que l’incitation à la violence en raison du sexe, de l’orientation sexuelle ou du handicap soit réellement pénalisée.
Nous demandons également une modification de l’alinéa 6 de cette même loi (concernant l’incitation à la discrimination et à la haine) pour qu’il soit étendu au sexisme. Actuellement seules sont concernées les discriminations et la haine motivées par des raisons ethniques, raciales ou religieuses.
Enfin, nous appelons les pouvoirs publics à mettre en place une plateforme dédiée au signalement de sites misogynes, à la sensibilisation des acteurs du web sur le sujet, et à l’accompagnement des victimes de discrimination, de haine ou de violences misogynes sur Internet.

Nous appelons également les entreprises du web ou présentes sur Internet à mettre en place des pratiques éthiques pour lutter contre le sexisme sur Internet, en coopération avec la société civile.

Collectif féministe et citoyen

Plainte au Procureur

Paris, le 05/09/2013
Lettre R.A.R.
Monsieur le Procureur de la République,
Nous, citoyennes, tenons par la présente à vous signaler les faits délictueux visés par l’article 24 de la Loi sur la Liberté de la Presse qui punit de "cinq ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ceux qui (…) auront directement provoqué, dans le cas où cette provocation n’aurait pas été suivie d’effet, à commettre l’une des infractions suivantes : les atteintes volontaires à la vie, les atteintes volontaires à l’intégrité de la personne et les agressions sexuelles définies par le livre II du code pénal".
Sur le site Seduction By Kamal, cette page (URL : http://www.seductionbykamal.com/comment-bien-baiser – captures d’écran ci-joint) intitulée "Comment Bien Baiser : les 3 Secrets du Hard SEXE" constitue une apologie du viol et une incitation à la violence contre les femmes. Quelques extraits explicites :
  • "Montrez-lui qu’elle n’a pas vraiment le choix"
  • "Attaquez sa poitrine"
  • "créer rapidement une image du mec qui sait ce qu’il veut et qui l’obtient quand il veut".
  • "vous décidez [...] tout est entre vos mains (ou vos cuisses devrais-je dire)"
  • "perdre tout contrôle de la situation est un "turn on" majeur pour les femmes".
  • "appliquez-vous à aller en profondeur et à ne stopper la cadence que quand VOUS le décidez ! Elle se plaint ? Pas pour longtemps ! C’est un phénomène naturel de rejet de l’autorité, mais une fois cette barrière franchie, elle s’abandonnera à vous et vous demandera de la défoncer [...] c’est ça en fait la véritable notion du fameux "BIEN BAISER".
  • "Imposez votre puissance".
  • "Donnez des ordres et soyez inflexible. Ne lui demandez pas gentiment si, éventuellement, vous pourriez avoir une fellation et éjaculer dans sa bouche… La décision est prise, retirez-vous et faites la descendre vers votre sexe afin d’affirmer votre posture."
  • "Si seulement vous saviez combien de femmes rêvent de se faire démonter par un inconnu au chibre géant".
  • "Cette méthode est relativement efficace quand on rencontre une inconnue qui nous ramène chez elle. Si elle en arrive là, c’est sans doute parce qu’au fond, ce qu’elle veut, c’est tirer un coup."
  • "Ne lui demandez pas si vous pouvez la pénétrer comme un animal sauvage, faites-le !"
  • "il vous suffit [...] de laisser parler vos envies, sans vous restreindre. Prenez le contrôle du rapport sexuel et pensez que votre masculinité passe par des coups de boutoir infligés."
  • "ne vous refusez rien".
Nous avons signalé ce lien à internet.signalement.gouv.fr sans aucune conséquence concrète.
La présente faisant valoir ce que de droit.
Copie à
- Monsieur Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur
- Madame Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des femmes,
- Madame Christiane Taubira, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice
- Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes
- Observatoire des Inégalités
- Le Monde
- Le Figaro
- Médiapart
- Rue 89
- Libération
- Les Nouvelles News
- Slate
- Fédération Nationale Solidarité Femmes
- Signalement publié sur internet par une dizaine de blogs"

le 05/09/2013

Capture d’écran de l’article signalé : http://dikecourrier.files.wordpress.com/2013/08/comment-bien-violer-une-femme-par-seduction-by-kamal-kay-et-jb-marsille1.pdf



Sources et liens cités dans l’appel :

(1)   www.seductionbykamal.com
(2)   www.seductionbykamal.com/comment-bien-baiser
(3)   http://dikecourrier.wordpress.com/2013/08/19/pick-up-artists-le-marketing-de-la-violence-misogyne
(4)   www.profils-auto-entrepreneurs.com/profil/jean-baptiste.marsille
(5)   www.seductionbykamal.com/mentions-legales/
(6)   www.agence-csv.com/seduction-by-kamal-le-seducteur/
(7)   www.lepetitjournal.com/varsovie/economie/132935-varsovie-eco
(8)   www.womenactionmedia.org/facebookaction/how-to-report-gender-based-hate-speech-to-facebook
(9)   www.legifrance.gouv.fr

mardi 28 mai 2013

"Les Antigones". Mais pourquoi ...?

Elles sont pas meuuuugnonnes nos ingénues ?
Depuis hier, je vois passer plein de tweets sur un nouveau mouvement soi disant féministe : Les Antigones. Je dis « nouveau » parce que leur site a l’air d’avoir émergé sur les internets il y a deux jours tant il manque de contenu, et que leur page Facebook date de la semaine dernière (mais corrigez-moi si je me trompe et citez vos sources). Et ce site, je ne sais pas s’il te trompe, toi, mais moi pas tellement. Ma suspicion et mon intérêt pour ce « simple rassemblement de femmes loin de toute considération politique ou confessionnelle » proviennent essentiellement de ces petits détails. Un groupe qui se forme en un claquement de doigts, qui n’a pour but que la dissolution d’un autre et qui débarque avec un « scoop » d’infiltration exclusif ? Y’a un truc qui cloche. 
 
En premier lieu, on remarque que Les Antigones se sont formées autour d’un seul crédo : contrer les FEMEN. Curieux leitmotiv pour des défenseurs de la Fâââââmme, que de se regrouper dans l’unique but de détruire une autre organisation sensée se battre pour la même cause. Oui je sais, beaucoup d’organisations féministes se tirent la bourre, entre les abolos, les radicales, les sex-positives, et les autres (pardon, j’ai la flemme de lister, mais je vous aime tou-te-s). Mais elles ont en commun la lutte contre le patriarcat - c’est quand même le minimum à attendre d’une organisation féministe. Comment peut-on estimer que Les Antigones soient dans la même optique lorsqu’on lit des absurdités comme :
« La femme a sa dignité, celle-ci ne passe pas par l’exhibitionnisme et l’hystérie. Elle passe par notre sagesse, notre calme et notre détermination à bâtir notre avenir. Filles de nos pères, épouses de nos maris, mères de nos fils, nous ne rejetons pas les hommes. » 

Ce que je retiens :  
« La femme a sa dignité, celle-ci passe par la soumission aux règles établies. Elle passe par notre silence, notre servitude et notre obstination à nous laisser faire. Filles de nos pères, épouses de nos maris, mères de nos fils, nous ne savons nous définir indépendamment de l’homme dans la société. »

Du caca conservateur et réac’ quoi.

Parce que le contexte, on le connaît. 

Ça fait plusieurs mois que les actions coup-de-sein des FEMEN (dont je ne suis pas une grande fan ni une fervente défenseure par ailleurs) se multiplient, dans des lieux spécifiques et souvent fréquentés par l’extrême droite ou les catholiques (parfois) intégristes. Ou les deux, ne nous mentons pas. Et quelque chose me chiffonne un peu dans la chronologie des événements :

Il y a quelques jours, le 25 mai 2013, Les Antigones menaient leur première action contre les FEMEN (pardon : menaient leur premier fail, les CRS les attendaient sur place).

48 heures plus tard, le 27 mai 2013, arrive l’interview d’Iseul dans Valeurs Actuelles. 
Iseul, la « catholique normale » qui nous dit qu’elle a infiltré les FEMEN pendant deux mois avant de révéler son appartenance aux Antigones, qui n'existent pourtant vraisemblablement que depuis quelques jours.
Iseul, qui a arrêté son action le jour où son organisation menait la sienne et commente innocemment : « J’étais sur le point de participer à une action sur le terrain, explique-t-elle. Éthiquement, je ne voulais pas. On n’a que sa personne à offrir aux Femen. J’y ai passé près de deux mois, parce que je voulais voir. Cela suffit. »
Iseul qui, entre samedi à 15h et lundi midi, a trouvé le temps de rédiger son communiqué, de contacter la Presse et de donner une interview. À un journaliste, qui, lui, a eu le temps de la reporter.

Vous je sais pas, mais moi tout ça, ça me fait plisser les yeux. 

Même si je ne soutiens pas les FEMEN, je leur confère un courage indéniable. S’exposer seins nus dans une société qui réprimande ou interdit de le faire, c’est déjà autrement plus subversif que les actions de ces pathétiques HOMMEN (qui, rappelons-le, s’insurgent masqués et torse nu…courageux et complètement homoérotique oui, on est d’accord). Surtout lorsqu’on privilégie comme lieux d’actions la cathédrale de Notre-Dame ou des rassemblements extrémistes feat. les gentils GUD et autres Civitas pour scander ses slogans. Je ne suis pas sûre que ça serve vraiment la cause, mais c’est courageux. 

Et puis creusons un peu. Oh pas beaucoup, il n’y a pas besoin de gratter bien loin pour tiquer. 

D’abord, quels sont leurs principaux relais ? En ce qui me concerne, je les ai découvertes via l'article sur le site de Valeurs Actuelles. Tu sais, ce torchon borderline extrême-droite-catho. Où on trouve donc l'interview de la fameuse Iseul, qui nous raconte comment elle a infiltré les FEMEN pour faire tomber les masques. Où on lit donc des infos concernant les FEMEN qui sont loin d’être un scoop (notamment sur leur fonctionnement et leurs financements). Où on ne parle pas de grand chose d’autre. Où finalement, des messages qu’on voit destinés aux FEMEN prônent des valeurs patriarcales et renvoient dans les filets tous les combats féministes. 
 
La page Facebook des Antigones regorge d’ailleurs de messages et de commentaires masculin-iste-s qui applaudissent avec ferveur la sagesse de ce combat. 
 

Attention, la lecture de cette sélection peut entraîner nausées et malaises. 







Et si quelqu’un publie un message négatif à l'encontre des Antigones, là ça se donne grave dans les commentaires :







(Encore ? Allez, encore.)




Merveilleux. En d'autres termes : « Reste à ta place, Femme. Sois jolie, silencieuse et soumise. Insurge-toi contre celles qui veulent faire bouger les choses et si tu peux convaincre les autres de te suivre, on préfère. Et n’oublie pas mon sandwich. »

Valeurs Actuelles mis à part, leur « combat » a également été relayé sur les sites de TF1 et du Point (des médias sans parti pris bien sûr), qui reprennent des extraits du communiqué de presse et de l’interview sans rien y apporter de plus comme information, encore moins comme analyse de fond. Mouais. 

En cherchant un peu je suis tombée sur cet article, qui met en relation Les Antigones et le Bloc Identitaire. Je ne serai pas contre une source un peu plus fiable qu’un blog, mais à lire les commentateurs et à voir la provenance des adhérents de leur page Facebook, ces mouvements ont clairement une ligne directrice commune. Les Antigones disent prôner l’amour, mais fédèrent autour de la haine. Elles me font penser à Homovox, cette organisation douteuse d’homos contre l’égalité des droits. J’attends donc, non sans une certaine curiosité impatiente, que les révélations concernant leurs financement et leur dirigeant-e-s soient publiées. (Edwy Plenel viens à moi !)
 
Dans l’histoire de Sophocle, Antigone se pend face à l’injustice de sa situation.

Bon. 
Eh bien dites-moi juste à quelle adresse je dois envoyer une corde et une poutre. 


Lire aussi : 

dimanche 21 avril 2013

Regards

Je vous avais parlé de l'initiative de ma-super-copine-Tan, qui a récemment créé le blog Polyvalence Mon Pote avec pour objectif de collecter un maximum de témoignages sur le sujet des violences sexistes. J'ai eu envie de publier l'un des miens ici, mais je vous encourage vivement à visiter le blog et à lire, partager et pourquoi pas participer. D'avance merci :)



On les croit innocents. Ils se croient innocents. Un regard, qu’est-ce que c’est ? Inoffensif, en apparence. Des regards, on en croise tous les jours ; le doux des yeux bleus de ma boulangère, l’interrogateur de l’enfant qui dévisage mon septum percé, le fatigué de la grosse dame qui rentre enfin chez elle, le sympathique du mec qui tient la roulotte à pizzas en bas de mon RER. Celui de l’amoureux qui apaise ou celui de l’amant qui fait fondre.

Seulement non, ce n’est pas rien ; c’est expressif et puissant, un regard. Ça peut t’effrayer, te peiner, te mépriser, te toiser ou te cracher à la gueule. Ça peut te déshabiller intégralement quand tu portes pourtant des vêtements opaques ; tu n’es pourtant pas fo-u-lle, tu as pris soin de vérifier avant de sortir. Ça peut insister, fixer, dominer, glacer, torturer, lacérer, blesser, enterrer. Ça a le pouvoir d’agir en silence, discrètement. Parce que c’est toi qui seras pointée du doigt si tu sautes à la gueule de tous les connards qui se retournent sans pudeur dans la rue pour bien reluquer le devant après s’être impunément enquis du derrière

« C’est un compliment, faut se détendre… »

Non, va te faire foutre. Quand tu m’interpelles avec autant de respect qu’en rappelant ton chien, ce n’est pas un compliment. Quand tu ralentis ta caisse pour me mater de haut en bas et lever un pouce satisfait avant de repartir, ce n’est pas un compliment. Quand tu me dévisages avec un sourire en coin qui traduit tes pensées, comme un prédateur qui salive devant sa proie, ce n’est pas un compliment. Oh, tu rectifieras, tu me parleras de « pulsions », tu penses que c’est naturel après tout, toi t’es un homme et les hommes c’est comme ça que ça marche. Tu refuses simplement de voir.

Écoute moi quand je te dis qu’il est sale, ton regard inquisiteur. Qu’il me fait hésiter à mettre mon short quand il fait pourtant chaud. Qu’il me fait inutilement claquer des tunes en taxis juste parce que le RER du samedi soir merci bien. Qu’il me montre que je ne suis pas à ma place si je sors de celle que l’on m’a attribuée. Qu’il est collant et que si tu l’appuies en sus de ton vocabulaire dédaigneux, il me reste dessus longtemps après que tu l’aies enfin détourné.

Entends moi quand je te dis qu’il me renvoie à ma condition permanente de victime potentielle, et qu’il fait naître en moi la méfiance et la crainte tout le temps.

Regarde moi et dis-moi que tu trouves acceptable de préparer sa défense avant même qu’il ne se passe quoi que ce soit et ce à chaque minute de la journée, du moment où on réfléchit à sa tenue, en prenant en compte les paramètres météorologiques sans omettre ceux de l’heure et des quartiers fréquentés, à celui où l’on serre un poing plein de grosses bagouzes parce que le mec là-bas ne nous inspire pas confiance. Parce qu’il nous aura regardé avec une insistance qui inquiète sur la suite des événements. Parce qu’on ne sait jamais quel sera le prochain connard à venir faire un peu trop chier. Parce qu’on ne sait pas jusqu’où celui-là ira. Parce que quand ça arrive, il est très, très rare que qui que ce soit ne bouge le petit doigt et qu’on sait pertinemment qu’on va très probablement devoir affronter le cauchemar de hurler sans être entendue. Pire : de hurler sans être vue et de voir les regards se détourner. Ces mêmes regards qu’on dit innocents, sans jugement mais inexorablement fermés et à leur manière infiniment destructeurs.

Alors regarde moi ; mais avec bienveillance, et au moment opportun.

vendredi 5 avril 2013

Appel à participation.

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un projet auquel je participe :
 
Quel projet ? 
Celui de monter un recueil sur le vaste thème des violences sexistes. Nous souhaitons donc collecter un maximum de témoignages sur tous les sujets associés : harcèlement de rue, violences conjugales, viols, machisme ordinaire et autres situations inégalitaires. Nous appelons aux témoignages chaque personne désireuse de participer. Tout ne sera pas validé et publié, il faudra faire le tri, mais plus nous récoltons de matière, plus nous en aurons à faire circuler ensuite.
Le reste sera vu en direct avec chacun-e dans un second temps. 

Pourquoi ? 
Les textes seront publiés sur "Polyvalence Mon Pote", le blog de mon amie Tan qui est à l’origine de ce projet

Comment ? 
Envoyez vos textes à : tanpmp@gmail.com.
Vous pouvez aussi lui écrire pour plus d’informations. 


Pour finir, voici le message publié par Tan sur son facebook hier soir :

« Les bichons, j'ai besoin de plus de textes. On est en sur-representation de (cis)meufs ayant vécu des violences psychologiques au sein de couples. Il est important d'en parler, bien évidemment. Mais je tiens à ouvrir le tout a d'autres témoignages. Je voudrais des textes sur le consentement, sur le harcèlement (de rue), sur les conséquences du sexisme dans l'éducation, sur des sujets douloureux à évoquer comme l'inceste ou le viol. J'ai besoin de vos réflexions, de vos impulsions, de vos émotions, de vos prises de position. Le nombre fait (ici) la force. Promis j'en ferai un truc bien. Bisous doudous. »